Comprendre la double matérialité
Avant de présenter notre avis, il est important d’expliquer ce qu’est la double matérialité, afin que chacun puisse comprendre le sens et les enjeux de cette analyse.
La double matérialité permet d’évaluer :
- L’impact de l’entreprise sur la société et l’environnement – par exemple, comment nos activités influencent le climat, la biodiversité, la santé ou les conditions de travail.
- L’impact des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sur l’entreprise – c’est-à-dire comment les risques liés au climat, aux questions sociales ou à la gouvernance peuvent affecter nos résultats et notre performance financière.
Autrement dit, il s’agit de regarder à la fois :
- De l’extérieur vers l’entreprise : quels effets nos décisions ont sur le monde qui nous entoure.
- De l’entreprise vers l’extérieur : quels risques ou opportunités liés à la société et à l’environnement peuvent nous affecter.
Cette approche devient obligatoire avec la directive européenne CSRD et permet d’intégrer de manière plus concrète les enjeux sociaux et environnementaux dans la stratégie et le fonctionnement de l’entreprise. L’objectif n’est pas seulement de remplir une obligation légale, mais de créer un outil stratégique capable de guider des actions concrètes qui améliorent à la fois notre performance et nos conditions de travail.
Des avancées structurelles et identitaires reconnues
Les élus CFDT de l’UES La Mondiale se sont prononcés sur l’analyse de double matérialité 2025. Plusieurs points positifs ressortent :
- Une meilleure structuration du document : la méthodologie est plus claire et les impacts, risques et opportunités sont mieux identifiés.
- La valorisation du modèle mutualiste et paritaire du Groupe, son ancrage territorial et la qualité du dialogue social, autant de marqueurs forts de notre identité.
Ces éléments traduisent un réel effort de mise en conformité réglementaire. Mais ils restent insuffisants si la démarche ne se traduit pas par des actions concrètes sur le terrain.
Une démarche encore trop éloignée du terrain
L’analyse reste largement déconnectée d’une feuille de route opérationnelle : où sont les plans d’action clairs, les objectifs mesurables, les moyens alloués et les échéances précises ? Sans ces éléments, la double matérialité risque de rester un document supplémentaire, sans impact réel sur le quotidien des salariés.
Les élus CFDT insistent pour que les enseignements de cette analyse se traduisent en orientations concrètes, partagées et suivies dans le temps.
Nos points de vigilance
1. Manque d’association des IRP
La consultation des instances représentatives du personnel reste trop limitée. Nous demandons un suivi régulier associant le CSE aux engagements ESG et à leurs impacts sociaux.
2. Enjeux sociaux insuffisamment pris en compte
Certains risques majeurs, comme les risques psychosociaux, sont absents ou minorés. Une approche purement financière du risque est inacceptable : l’impact humain et organisationnel doit être au cœur de l’analyse.
3. Ambition environnementale timide
La transition écologique et la réorientation des investissements ne sont pas suffisamment affirmées. L’analyse reste trop centrée sur le risque financier, sans vision stratégique forte.
4. Manque de pédagogie interne
Les salariés doivent pouvoir comprendre les enjeux et s’approprier la démarche. Une synthèse claire et largement diffusée est indispensable.
Un avis favorable… mais exigeant
Les élus CFDT ont émis un avis favorable sur l’analyse de double matérialité 2025, mais assorti de points de vigilance. Nous attendons désormais de la Direction :
- L’opérationnalisation de la démarche, avec des plans d’action précis ;
- Le renforcement de la dimension sociale et inclusive de l’analyse ;
- L’implication pleine et entière des salariés et de leurs représentants dans le déploiement et le suivi.
La double matérialité ne doit pas être une fin en soi. Elle doit devenir un outil au service de la transformation de notre entreprise – une transformation juste, durable et partagée.




