Les métiers évoluent. C’est une réalité que nous constatons déjà dans l’entreprise, avec la transformation numérique, la plateformisation, l’intelligence artificielle ou encore l’évolution des attentes de nos clients.
Pour la CFDT La Mondiale, l’enjeu de la GAPEC n’est pas de chercher à prédire l’avenir des métiers. Il est surtout de savoir comment accompagner leurs évolutions et permettre aux salariés de faire évoluer leurs compétences avec leur métier.
La négociation du prochain accord GAPEC débutera le 1er octobre. Pour la CFDT La Mondiale, cette négociation doit être l’occasion de tirer les enseignements de l’accord 2023-2025 et de rendre les dispositifs existants plus concrets pour les salariés.
Un accord qui a déjà permis de structurer la démarche
L’accord GAPEC 2023-2025 a permis de développer la démarche de prospective métiers. 23 Observatoires des Métiers ont été présentés, couvrant 33 métiers et 11 directions. Plus de 8 000 collaborateurs ont été formés et plus de 95 % des entretiens professionnels ont été réalisés sur la période.
Ces dispositifs constituent une base utile. Mais le bilan présenté par la Direction fait également apparaître des marges de progression. Certains outils restent peu utilisés et le lien entre la prospective métiers, le développement des compétences, le recrutement, les mobilités et les parcours professionnels doit encore être renforcé.
C’est précisément sur ce point que la CFDT La Mondiale souhaite aller plus loin dans cette nouvelle négociation.
Passer de l’observation à l’accompagnement
Observer l’évolution des métiers est indispensable. Mais cela ne suffit pas.
Lorsqu’un métier évolue, les salariés doivent pouvoir comprendre ce qui change, identifier les nouvelles compétences nécessaires et disposer des moyens pour les acquérir.
La GAPEC doit donc permettre de faire le lien entre les évolutions identifiées et des actions concrètes : formation, accompagnement, mobilité, évolution professionnelle ou encore reconversion lorsque celle-ci est nécessaire.
L’objectif est simple : ne pas attendre que les transformations soient installées pour chercher des solutions.
L’intelligence artificielle : anticiper plutôt que subir
L’intelligence artificielle va modifier certaines activités et certaines façons de travailler. Le bilan de l’accord fait d’ailleurs état de trois Observatoires des Métiers spécifiquement consacrés à l’IA.
Pour la CFDT, cette évolution doit être abordée comme un sujet d’anticipation des compétences et de transformation du travail.
Quelles tâches vont évoluer ? Quelles compétences vont devenir nécessaires ? Quels besoins de formation ? Quels impacts sur l’organisation du travail et les collectifs ? Ce sont ces questions qui doivent être posées suffisamment tôt.
L’enjeu n’est pas de savoir quels salariés seraient « trop éloignés » des nouvelles technologies. Il est de donner à chacun les moyens de comprendre les évolutions et de pouvoir y prendre part.
Ne laisser personne de côté
L’évolution des métiers ne doit pas devenir un facteur d’exclusion.
L’âge, l’ancienneté ou le niveau de maîtrise des outils numériques ne doivent pas conduire à considérer qu’un salarié ne pourrait plus évoluer. La réponse doit d’abord être l’accompagnement, la formation et la construction de parcours professionnels adaptés.
C’est aussi le sens de la GAPEC : permettre aux salariés d’être acteurs de leur parcours professionnel, et pas seulement de constater les transformations de leur environnement de travail.
Les salariés expérimentés ont toute leur place
La question des salariés expérimentés doit également être pleinement intégrée à cette réflexion.
Ils représentent une part importante des effectifs et disposent de compétences, d’une expérience et de connaissances qui sont essentielles à l’entreprise. La GAPEC doit permettre de mieux anticiper les fins de carrière, mais aussi de favoriser la transmission des savoirs, le tutorat, la formation et, lorsque cela est souhaité, la mobilité ou l’évolution professionnelle.
Anticiper les départs, c’est aussi anticiper la transmission des compétences.
Pour une GAPEC plus concrète
Pour la CFDT La Mondiale, la prochaine étape doit être de mieux relier les différents dispositifs existants.
Nous voulons notamment :
- mieux connecter les Observatoires des Métiers aux plans de formation, aux recrutements et aux mobilités ;
- identifier suffisamment tôt les compétences qui vont évoluer ;
- accompagner concrètement les salariés dont l’activité se transforme ;
- renforcer les possibilités de formation et de certification ;
- intégrer pleinement les impacts de l’intelligence artificielle dans la réflexion sur les métiers et les compétences ;
- mieux anticiper les besoins de transmission des savoirs ;
- renforcer l’information des salariés sur les évolutions de leur métier ;
- assurer un suivi régulier des actions engagées et de leurs résultats.
La GAPEC doit être un outil vivant, capable d’accompagner les transformations de l’entreprise au lieu de simplement les constater.
Une négociation qui s’ouvre le 1er octobre
La négociation débute le 1er octobre. La CFDT La Mondiale y portera cette ambition : faire de la GAPEC un véritable outil d’anticipation et d’accompagnement des transformations.
Les métiers vont continuer à évoluer. Notre objectif n’est pas de figer le travail tel qu’il existe aujourd’hui. Il est de faire en sorte que les salariés disposent des moyens nécessaires pour évoluer avec leur métier, développer leurs compétences et rester acteurs de leur parcours professionnel.





