Lors du CSE du 16 décembre 2025, Claire Silva a annoncé que l’accord relatif aux indemnités de fin de carrière ne sera pas reconduit à son échéance.
Elle a précisé que cet accord, signé en 1999, ne correspondrait plus à son objectif initial : permettre au Groupe d’anticiper et de mieux connaître les départs à la retraite. Selon la Direction, cette anticipation n’est désormais plus nécessaire.
Un argument financier a également été avancé : l’accord générerait un passif social représentant plusieurs millions d’euros.
Cependant, aucun chiffrage précis ni élément d’évaluation détaillé n’a été communiqué aux élus lors du CSE, ce qui ne permet pas d’objectiver réellement cet argument.
Pour rappel, ce passif social correspond à des provisions comptables destinées à anticiper des engagements futurs de l’entreprise. Il ne s’agit ni d’une dépense immédiate, ni d’une somme disponible en trésorerie. Ces provisions ne constituent donc pas une « cagnotte » pouvant être utilisée pour d’autres dispositifs, comme par exemple les NAO.
En revanche, la suppression de l’accord entraîne mécaniquement une baisse du passif social, ce qui améliore les résultats comptables du Groupe.
Si cette amélioration ne se traduit pas automatiquement par des moyens supplémentaires pour les salariés, elle soulève néanmoins une question légitime : comment cette marge comptable sera-t-elle utilisée et prise en compte dans les futures négociations, notamment salariales ?
Au-delà des justifications avancées, la conséquence est claire : un arrêt brutal du dispositif, sans qu’aucune mesure de remplacement ne soit proposée à ce stade.
La Direction indique qu’un accord intergénérationnel pourrait être négocié en 2026, dans lequel la question des fins de carrière serait abordée. Cette perspective reste toutefois incertaine, laissant un vide social entre la fin de l’accord actuel et une éventuelle future négociation.
Pour éviter cette rupture nette, la CFDT a proposé une prorogation de l’accord existant jusqu’à l’ouverture de cette nouvelle négociation.
Cette proposition de bon sens permettrait :
- d’éviter une perte immédiate de droits pour les salariés concernés ;
- d’assurer une transition équitable ;
- de préserver un cadre social stable.
La Direction n’a pas retenue cette proposition.
La CFDT regrette une décision qui revient à supprimer sans transition un dispositif de reconnaissance, au nom d’arguments insuffisamment étayés, alors même que l’enjeu humain est réel et que l’accord concernait un nombre limité de salariés.




