À la demande de la CFDT, la situation des assistant(e)s de secteur a enfin été examinée lors de la Commission Métiers du 20 octobre 2026. Un sujet porté depuis plusieurs mois par Sandra MUNOZ, rapporteure de la commission, et Raphaël RENARD, assistant de secteur et élu CFDT, à partir des difficultés remontées du terrain.
La Direction a elle-même reconnu que cette présentation spécifique faisait suite aux demandes formulées en commission, notamment par Sandra MUNOZ. Après plusieurs mois d’interpellations, les préoccupations des assistant(e)s de secteur ont donc enfin été examinées dans cette instance.
Il s’agit d’une première avancée. Mais pour la CFDT, identifier les difficultés ne suffit pas : la Direction doit désormais apporter des réponses concrètes aux problématiques soulevées.
Une charge de travail qui ne se résume pas à des statistiques
La Direction a présenté des données relatives à l’absentéisme et au ressenti de la charge de travail. Pour la CFDT, ces chiffres doivent être analysés à la lumière de la réalité vécue quotidiennement par les salariés.
Sandra MUNOZ a notamment interrogé la Direction sur l’ancienneté des salariées concernées par les arrêts de travail, les éventuelles disparités régionales et les facteurs susceptibles d’expliquer certaines situations de tension.
Elle a également rappelé une évidence : les entretiens annuels ne suffisent pas à mesurer une charge de travail qui évolue tout au long de l’année. Les absences, les départs, les réorganisations et les variations d’activité peuvent rapidement bouleverser l’équilibre d’une équipe.
La CFDT a par ailleurs regretté de ne pas avoir reçu le support de présentation en amont de la réunion. Pour travailler sérieusement sur ces sujets, les élus doivent disposer des informations suffisamment tôt afin de pouvoir les analyser et préparer leurs interventions.
Mutualisation des postes : jusqu’où ira-t-on ?
C’est l’un des principaux points d’alerte soulevés par la CFDT : l’élargissement progressif des périmètres d’intervention des assistant(e)s de secteur.
Selon les régions, certaines assistantes accompagnent désormais un nombre important de collaborateurs, parfois jusqu’à 18 ou 20, avec des équipes géographiquement dispersées et des organisations toujours plus complexes.
La CFDT refuse que la mutualisation devienne la réponse systématique aux absences, aux départs ou aux difficultés de recrutement.
Présentée comme une adaptation de l’organisation, cette évolution se traduit sur le terrain par davantage de dossiers à suivre, des interlocuteurs plus nombreux, une coordination plus complexe et une pression accrue sur les équipes.
Lorsque les périmètres s’élargissent sans que les moyens suivent, les conséquences sont prévisibles : augmentation de la charge de travail, difficultés à assurer toutes les missions dans de bonnes conditions et dégradation progressive de l’équilibre des équipes.
Pour la CFDT, la Direction doit objectiver ces situations et mesurer leurs conséquences. Le nombre de collaborateurs suivis, les distances géographiques, les moyens disponibles et les modalités de remplacement doivent être pris en compte pour apprécier réellement la charge de travail.
Combien de commerciaux par assistant(e) ?
Au-delà des données globales présentées sur l’absentéisme et la charge de travail, la CFDT a demandé à la Direction de communiquer un indicateur essentiel : le nombre de commerciaux rattachés à chaque assistant(e) de secteur, par équipe commerciale.
Cette demande est loin d’être anodine. Derrière les chiffres globaux se cachent des réalités très différentes selon les régions et les organisations. Une assistante qui accompagne quelques commerciaux ne fait pas face aux mêmes contraintes qu’une collègue qui doit en suivre 15, 18 ou 20, parfois répartis sur plusieurs secteurs géographiques.
Pour la CFDT, cet indicateur est indispensable pour sortir d’une approche uniquement déclarative de la charge de travail. Il permettrait d’identifier les déséquilibres entre les équipes, de mesurer les effets de la mutualisation et de vérifier si les moyens sont réellement adaptés aux missions confiées.
À ce jour, la Direction n’a pas apporté de réponse précise à cette demande.
Pourtant, comment affirmer que la charge de travail est maîtrisée sans connaître le nombre de commerciaux accompagnés par chaque assistant(e) et les écarts qui peuvent exister d’une équipe à l’autre ?
La CFDT attend que ces données soient communiquées et fassent l’objet d’un suivi régulier. C’est une condition nécessaire pour disposer d’une vision objective de l’évolution des organisations et de leurs conséquences sur les conditions de travail.
Les absences ne doivent pas devenir la charge des collègues
Les échanges ont également mis en évidence les difficultés rencontrées lorsque des absences ne sont pas remplacées et que les tâches sont redistribuées entre les collègues présents.
Des témoignages ont même fait état de salariées qui continueraient à travailler pendant leur arrêt de travail, par crainte de retrouver une accumulation de dossiers à leur retour.
Ces situations doivent nous alerter. Elles témoignent de l’implication des assistant(e)s, mais aussi des limites d’une organisation qui peut faire reposer sur leur seule conscience professionnelle la continuité de l’activité.
La CFDT refuse que l’engagement des salariés devienne un moyen de compenser durablement des moyens insuffisants. Un arrêt de travail doit permettre de se soigner et de se rétablir. Il ne doit pas générer un sentiment de culpabilité lié aux conséquences de son absence sur les collègues ou à la perspective de retrouver une accumulation de dossiers.
La continuité du service relève de la responsabilité de l’employeur. Elle ne peut pas reposer uniquement sur les efforts supplémentaires de celles et ceux qui restent en poste.
Automatisation, digitalisation : quel avenir pour le métier ?
La Direction a confirmé que les transformations liées à l’automatisation et à la digitalisation allaient se poursuivre dans les prochaines années.
Ces évolutions soulèvent une question essentielle : comment la Direction entend-elle faire évoluer le métier tout en préservant les conditions de travail et les compétences des assistant(e)s de secteur ?
Leur rôle est indispensable au fonctionnement du réseau, au suivi administratif des dossiers et à l’accompagnement des équipes commerciales. Leur expertise et leur connaissance du terrain ne peuvent être réduites à une succession de tâches progressivement automatisées.
Pour la CFDT, ces transformations doivent être anticipées et accompagnées. Elles doivent permettre d’améliorer les outils, de mieux organiser le travail et de donner aux salariés les moyens d’exercer leurs missions dans de bonnes conditions. Elles ne doivent pas devenir un prétexte à la réduction des effectifs ou à l’élargissement permanent des périmètres.
L’avenir du métier doit se construire avec les salariés concernés, en tenant compte de leur expérience et des réalités du terrain.
La CFDT attend maintenant des actes
La présentation du 20 octobre constitue une première étape obtenue grâce aux interventions répétées de la CFDT. Mais les constats ne peuvent pas rester sans suite.
Nous demandons un suivi régulier de la situation des assistant(e)s de secteur, une meilleure visibilité sur les effectifs et les absences, ainsi qu’une vigilance renforcée sur les conséquences de la mutualisation des postes. Nous attendons également que les remontées du terrain soient réellement prises en compte et que des réponses concrètes soient apportées aux difficultés identifiées.
La communication du nombre de commerciaux rattachés à chaque assistant(e), par équipe commerciale, fait notamment partie des informations indispensables pour apprécier objectivement la charge de travail et les effets des réorganisations.
Grâce à l’engagement de Sandra MUNOZ, rapporteure de la Commission Métiers, et de Raphaël RENARD, assistant de secteur et élu CFDT, ce sujet a enfin pu être porté au niveau où il doit être traité.
La CFDT poursuivra son action dans les différentes instances afin d’obtenir les informations nécessaires, de faire avancer ce dossier et de défendre concrètement les conditions de travail des assistant(e)s de secteur. La Direction doit désormais passer des constats aux actes.
Vous êtes assistant(e) de secteur ? Vos difficultés, vos attentes et vos propositions sont essentielles pour faire avancer ce dossier. Continuez à nous faire remonter vos témoignages : c’est en partant de la réalité du terrain que nous pourrons porter vos revendications et obtenir des avancées concrètes.



