Le 14 octobre 2026, lors du CSE, la Direction a présenté son projet de réorganisation du réseau commercial : le passage de 10 à 6 régions et la création d’une direction nationale dédiée au marché des entreprises, avec une mise en œuvre prévue au 1er janvier 2027. Derrière les objectifs affichés dans le plan d’entreprise « Esprit de conquête », ce sont des changements importants pour les équipes et leurs conditions de travail.
Pour la CFDT La Mondiale, la Direction ne peut pas invoquer l’ambition commerciale sans répondre aux questions concrètes des salariés. Réorganiser les régions, modifier les périmètres de responsabilité et redistribuer les activités ne sont pas des opérations neutres. Les conséquences sur la charge de travail, les moyens disponibles et l’équilibre des équipes doivent être évaluées sérieusement.
La CFDT a notamment interpellé la Direction sur les missions des RMR et l’élargissement de leur périmètre, qui passe de cinq à sept équipes à suivre. La Direction estime que cette évolution n’entraînera pas d’augmentation majeure de la charge globale. Mais cette affirmation ne suffit pas : ce sont les conditions réelles d’exercice des missions qui permettront d’en juger. Les équipes doivent disposer des moyens nécessaires pour faire leur travail correctement, sans que les gains d’organisation se traduisent par une surcharge pour les salariés.
Autre point inacceptable pour la CFDT : alors que les responsabilités et les périmètres évoluent, la Direction n’a annoncé aucune augmentation salariale liée à cette nouvelle répartition, sous réserve des décisions managériales applicables. Les responsabilités supplémentaires ne peuvent pas être considérées comme allant de soi, sans reconnaissance ni contrepartie.
La CFDT a également demandé des explications sur les critères qui ont conduit au découpage des six nouvelles régions. Le potentiel commercial, les portefeuilles clients et les effectifs sont des éléments importants, mais ils ne suffisent pas à garantir une organisation équilibrée. Les territoires n’ont ni les mêmes réalités économiques ni les mêmes contraintes. Fixer des objectifs sans tenir compte de ces différences ferait peser un risque supplémentaire sur les équipes.
La Direction a indiqué que, dans cette première phase, les postes et les lieux de travail des conseillers seraient maintenus, qu’aucune mobilité géographique ne serait imposée et qu’aucun changement d’employeur n’était prévu. Ces engagements doivent être respectés. Ils ne répondent toutefois pas à toutes les inquiétudes suscitées par cette réorganisation.
Quatre des dix directeurs régionaux actuels n’exerceront plus cette fonction. La Direction a annoncé un accompagnement individuel et des possibilités de repositionnement, sans conséquence négative annoncée sur leur statut ou leur situation personnelle. Pour la CFDT, chaque salarié concerné doit bénéficier d’un accompagnement concret et de garanties claires. Derrière une nouvelle organisation, il y a des parcours professionnels et des situations individuelles qui ne peuvent pas être traités comme de simples variables d’ajustement.
La Direction n’a pas apporté toutes les réponses attendues sur l’organisation omnicanale cible, l’évolution des effectifs à moyen terme et la charge de travail des managers et des assistants. Ces sujets restent pourtant essentiels pour apprécier les conséquences du projet. La CFDT demande de la visibilité : les salariés ne peuvent pas être laissés dans l’incertitude pendant que l’organisation se transforme.
Les territoires ultramarins doivent également être pleinement pris en compte. La CFDT a rappelé l’importance de la proximité avec les clients et des réalités locales. La Direction a annoncé une organisation globalement stable, avec des évolutions liées au marché des entreprises et à la segmentation de la clientèle. Nous resterons vigilants pour que ces changements ne fragilisent ni les équipes ni la qualité du service rendu.
La Direction présente cette réorganisation comme un levier de développement commercial. Mais la réussite ne se mesurera pas uniquement aux résultats : elle dépendra aussi des moyens accordés aux salariés, de la reconnaissance de leur travail et de la capacité de l’entreprise à préserver des conditions de travail soutenables.
La CFDT La Mondiale restera mobilisée pour obtenir des réponses précises, défendre les salariés concernés et veiller à ce que les engagements annoncés soient tenus.
L’ambition commerciale ne peut pas servir de prétexte pour demander toujours plus aux salariés sans leur donner les moyens de réussir. Une réorganisation ne sera une réussite que si elle respecte les équipes, reconnaît leur travail et améliore réellement leur quotidien.




